
Une vue partielle du Personnel de Moov
Les employés de Moov, la société téléphonique mobile suspendue depuis près de trois mois au Togo, ont observé un sit-in en fin de semaine dernière devant le siège de la société à Dekon, Lomé. Ils entendent par ce mouvement, émettre leurs ultimes cris de détresse afin de solliciter l’intervention du chef de l’Etat contre la menace du chômage qui pèse sur eux.
Suspendu depuis le 10 aout dernier par l’Autorité de Réglementation des Postes et Télécommunication pour non renouvellement de sa licence, Moov, après plusieurs péripéties peine toujours à reprendre service. Le nœud du problème, est que l’autorité en charge du dossier et la société Moov n’arrivent toujours pas à définir au clair les clauses du contrat fixé à 20 milliards de nos francs.
Le mal aujourd’hui est que depuis la suspension du réseau Moov, les employés de ladite société sont laissés dans une situation peu enviable c’est-à-dire un chômage technique et les abonnés quant à eux sont abandonnés à un triste sort, celui de leur déconnexion totale d’avec tout leurs contacts.
Si les abonnés de Moov, estimés à près de 700.000 personnes, ressentent cet imprévu comme une mise en quarantaine dans le pays et au delà dans le monde, les employés de Moov quant à eux vivent cette situation comme un calvaire et l’impasse dans laquelle se sont stagnées les négociations rendent leur avenir professionnel plus qu’incertain. A en croire les dires de Mireille, une employée de la société que nous avons rencontrée sur les lieux du sit-in, un délai de trois mois avait été accordé à la société à compter de la date de suspension en vue de régler le problème du réseau ou à défaut la licence leur sera retiré pur et simplement. Si rien n’est fait jusqu’au 10 novembre prochain, il va sans dire que ces employés qui observent le sit-in jusqu’au samedi, seront automatiquement qualifiés pour rejoindre la longue file indienne des chômeurs au Togo. En vue d’anticiper cette menace qui arrive au pas de galop et surtout chercher une approche de solution, les employés de Moov lancent un appel au chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, afin qu’il s’investisse dans le problème. Son intervention leur permettra de sauvegarder et leurs emplois et la survie de leurs familles, comme l’attestent d’ailleurs les nombreux pancartes qui captent l’attention de tout passant sur les lieux du sit-in : « Nous ne voulons pas aller gonfler le rang des chômeurs », « Demandons l’implication personnelle du chef de l’Etat ». L’appel est donc lancé en direction du président de la république et en attendant, les regards des employés restent toujours interrogatifs. Tous les togolais sont désormais suspendus aux lèvres de Faure Gnassingbé pour savoir si les cris de détresse des citoyens lui parviennent réellement.




